• Retour sur le stage "La classe, une ressource face à l'hétérogénéité"

    73 personnes étaient présentes à ce stage animé par Sylvain Connac, ce qui prouve l'intérêt voire l'engouement des collègues pour être formés, questionner le monde et faire évoluer leurs pratiques et leur métier.

     La classe, une ressource face à l'hétérogénéité

     Un résumé du stage en vidéo:


    Compte-rendu stage du 18 novembre par fsu89

      

    « La réussite de tous les élèves: c'est une utopie. Mais ce qui est à notre portée, c'est de faire en sorte que tous les élèves progressent ou qu'aucun élève ne régressent. »

    C'est par cette piqûre de rappel que Sylvain a débuté son intervention.

     

    La coopération, peut être une réponse efficace et pertinente de la prise en compte de la diversité.

      

    Historique de la pédagogie de la coopération.

    Il existe 2 conceptions différentes de la coopération:

    Dans la conception nord-américaine, la coopération est un objectif. Au Québec, lorsqu'ils travaillent en groupe ou en équipe, c'est pour être meilleur que les autres (apprentissage du management) mais sans entraver l'activité des autres.

    On pourrait appeler cela de la coopétition: être plus performant individuellement en s'appuyant sur les autres,  c'est être meilleur grâce au groupe

     

    En Europe, la coopération est conçue comme une combinaison de 3 objectifs: 

    - susciter davantage de concentration (rendre les élèves moins passifs)

    - développer des  valeurs (altruisme, responsabilité, solidarité)

    - organiser la coopération afin de prendre en compte la diversité des élèves

     

    En France, on développe des formes d'apprentissage avec d'autres dans une optique de vie professionnelle, afin de disposer d'habiletés sociales. (cf Y.Clot)

      

    Coopérer, s'entraider, s'aider et travailler en groupe sont des synonymes ?

    Que signifie coopérer - article Animation et Education No 244

    Dans toutes les classes, l'aide existe,  même quand c'est interdit (triche).

    Quand l'aide est autorisée, la plupart du temps,  un élève a terminé et l'enseignant lui dit d'aller aider X, qui est bloqué sur son exercice. Or, si enfant n'a pas envie d'aider, il risque de faire du sur-étayage en donnant des informations sans se soucier de son partenaire.

    De plus, lorsqu'un enfant reçoit une aide qu'il n'a pas demandé et qui est médiatisée devant d'autres élèves, cela contribue à construire du sentiment d'incompétence (les élèves vont avoir de moins en moins confiance en leur capacité).

     

    "Il faut arrêter l'assistanat des élèves." Cela a conduit à ce qu'un grand nombre d'élèves ne se mettent pas au travail, attendant que quelqu'un vienne les aider si ils en avaient besoin.

    Pour Sylvain Connac, pour que l'aide soit efficace, elle ne peut se faire que si il y a demande de celui qui en manifeste le besoin.

      

    Notre métier consiste à apprendre aux élèves qu'ils doivent s'investir. Si il y a un ou une AVS/EVS dans la classe, il faut qu'il ou elle intervienne auprès de l'élève en difficulté qui est prioritaire s'il demande de l'aide. 

      

    Pourquoi on fait travailler les élèves en groupe?

    C'est pour mettre "la pagaille" dans la tête des enfants. Cela crée un conflit cognitif chez l'élève.

    Il doit apprendre à dire "je ne sais pas , j'en sais rien". C'est ce sentiment d'incompétence qui va permettre à l'enseignant d'apporter à l'élève. Celui-ci sera intéressé si l'on répond aux questions qu'il se pose.

    Le travail en groupe doit aboutir à ce que les élèves s'interrogent, souhaitent obtenir des réponses pour comprendre.

      

    Sylvain Connac a interrogé des élèves qui pratiquaient le travail en groupe. Lorsqu'on leur demande pourquoi ils travaillent de cette manière, certains répondent que c'est pour apprendre à travailler avec les autres.

    Il y a un malentendu entre ce que pense faire l'enseignant et ce que ressent l'élève (cf les études Jean-Yves Rochex, Stéphane Bonnery).

     

    L'objectif 1er du travail en groupe, c'est de confronter des idées, de ne pas être d'accord, …

     

    Mais comment s'y prend-on?

    Organiser du travail de groupe, c’est donner la possibilité aux élèves de confronter leurs représentations, de produire plus efficacement ou d’unir leurs compétences pour être plus forts devant un obstacle commun. Plusieurs dérives majeures peuvent pervertir la portée pédagogique de telles situations :

    - 1 Que cela engendre trop de désordre dans la classe, assez pour gêner la concentration de chacun 

    - 2 Que seuls les élèves les plus compétents ne s’engagent dans l’activité intellectuelle attendue 

    - 3 Que les élèves confondent tâche (la réalisation matérielle) et activité (l’activité cognitive vers les apprentissages) 

     

    Quatre conditions sont nécessaires pour éviter ces écueils (voir le doc ci-dessous): 

    Quatre critères pour un fonctionnement pédagogique du travail de groupe

     

    1. La présentation de la consigne de travail

    2. Les étapes du travail de groupe

    - Un temps court de réflexion individuelle (en silence), pour que chacun essaie de réaliser la consigne par ses propres moyens, que des stratégies et des questions émergent

    - Un temps de travail en groupe (après répartition des fonctions) 

    - Un temps court de synthèse, à partir de la remontée des secrétaires (pas forcément tous) et de l’avis de l’enseignant 

    - Une trace écrite ou une conclusion formelle 

    - Une évaluation interne du fonctionnement de chaque groupe (respect de la consigne, engagement dans les fonctions, utilité pour les apprentissages individuels, …) en vue d’optimiser les situations de groupe futures.

     3. La gestion du bruit

     4. La répartition de six fonctions :

    - Référent du temps (rappeler le temps qu’il reste pour exécuter la consigne) 

    - Distributeur de parole (donner la parole à chacun, pour que ce ne soit pas les mêmes qui participent) 

    - Secrétaire (prendre les notes pour le compte-rendu du travail de groupe) 

    - Référent du calme (rappeler la nécessité de calme, le besoin de s’exprimer en chuchotant) (Voir étiquettes à distribuer ci-contre) 

    - Référent de la consigne (rappeler et expliquer la consigne de travail énoncée par l’enseignant(e)) 

     - Référent du matériel (récupérer, distribuer puis ranger le matériel nécessaire au travail)

      

    Comment constituer les groupes?

    Il n'y a pas de manière idéale pour la constitution des groupes (homogènes ou hétérogènes).

     Il ne faut pas obliger tous les élèves à travailler en groupe et les laisser libres de leur choix. Mais si ils décident de travailler seuls, ils travaillent en toute autonomie, sans aucune aide.

     "Plus on ouvre de liberté, plus on a besoin de rendre un cadre solide".

      

    Faire coopérer les élèves lutte efficacement contre les  inégalités scolaires

     Pour Sylvain Connac, ce n'est pas aussi simple, c'est soumis à des conditions extrêmement rigoureuses:

    - les élèves doivent être habitués à travailler de manière coopérative

    - il faut apprendre aux élèves à travailler de manière coopérative

    - l'enseignant doit expliquer aux élèves ce qu'est aider et comment aider

     

    Les inégalités sociales existent de fait. L’école n’a pas pour mission de supprimer les inégalités sociales. L’école doit faire en sorte de les réduire, de ne pas les aggraver et que tous les enfants progressent, quelle que soit leur histoire.

      

    La fonction de tuteur est utile pour occuper intelligemment les  meilleurs élèves

    9 fois sur 10, ce sont les élèves les plus performants (et qui ont fini) qui vont aider les autres... Dans une relation tutorielle, c'est intéressant pour le tutoré s'il peut avoir une information qu'il n'a pas, si l'on sait où bloque l'élève qui ne se met pas au travail.

    Sinon, celui qui en profite le plus, c'est le tuteur. 

    Si on confie la fonction de tuteur aux meilleurs élèves de la classe, on construit un système coopératif qui maintient et accentue les inégalités scolaires.

      

    Il y a deux conditions majeures à respecter pour l'organisation du tutorat:

    - le principe de réciprocité: faire en sorte que tous les élèves soient alternativement tuteurs et tutorés, tout le monde accepte la fonction de tutoré

    - il faut une formation à la coopération, pour celui qui aide et celui qui se fait aider

    Contenu de formation à la coopération entre élèves

      

    Pour être tuteur dans une classe, il faut remplir certaines conditions:

    - être volontaire

    - bénéficier d'une formation

    - réussir le brevet de tuteur (docs en pj ci-dessous)

    - ne pas dévaloriser le tutoré

      "C'est une compétence de tuteur de reconnaître son incompétence."

     

     Ce stage a permis à 73 collègues de découvrir (ou d'approfondir) les fondamentaux de la pédagogie coopérative. 

     C'est un des fondamentaux du SNUipp-FSU de s'appuyer sur la recherche et d'encourager la liberté pédagogique des Enseignants pour l'Ecole de la réussite de tous. Le SNUipp-FSU restera ferme et exigeant sur ces priorités.

    A l'échelon national, le SNUipp-FSU organise, chaque année, son Université d'Automne, réunissant, sur trois jours, un grand nombre de chercheurs. 

    A l'échelon local, le SNUipp-FSU invite des chercheurs dans le cadre de stages car nous savons qu'il appartient à notre organisation syndicale de réfléchir et de faire des propositions sur ce qui est "le cœur de notre métier".

     

    Si vous souhaitez en savoir plus sur la pédagogie coopérative ou si vous voulez mettre en place des choses dans votre classe:

     

    http://www.icem34.fr     http://pidapi-asso.fr

     Brevet de tuteur cycle II   Brevet de tuteur cycle III

     


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