• F. Lantheaume, le travail collectif

    F. Lantheaume, le travail collectif

     

    Françoise LANTHEAUME, sociologue, Maître de Conférence à Lyon 2, est intervenue au Centre Alain Savary en octobre 2014. La vidéo de son intervention est disponible sur ce site

     

    «Coordination, Régulation, Coopération, quels défis pour les métiers en éducation prioritaire?»

     TOUT travail est collectif, et dans les évolutions actuelles du travail, il est prescrit de plus en plus collectif. Ce qui ne veut pas dire que les conditions sont réunies pour qu’il le soit. Il y a un décalage entre les intentions de la prescription et la réalité de ce qui se passe sur le terrain, non pas du fait des fameuses « résistances au changement des enseignants », mais du fait d’autres questions.

     

    D’emblée, Françoise Lantheaume précise qu’elle se place du point de vue des enseignants exprimant dans un premier temps le double aspect formel et informel du travail d’équipe. Elle précise combien la place de l’informel contribue à créer les règles collectives, à se dire les façons de faire, même quand on n’est pas sûr de ce que l’on fait.

    Puis elle va caractériser les différentes formes que revêt ce travail, à commencer par la COOPÉRATION qui nécessite trois conditions : une volonté de coopérer qui ne se décrète pas mais pose la question de savoir comment on la crée, des organisations de travail qui permettent la communication, et des objectifs communs qui, s’ils ne sont pas préalables à la coopération, se créent en avançant dans le travail.

    La RÉGULATION, interprétée comme moyen de permettre l’interaction nécessaire pour se comprendre, va fonctionner avec un langage commun en relation avec des activités concrètes imprégnées de règles partagées.

    La COORDINATION organise la planification et l’agencement des actions dans un souci de cohérence et d’efficacité. Enfin, la CONCERTATION est l’instrument qui va confronter et ajuster les points de vue, négocier des perspectives et des choix. Cet aspect du travail collectif demande aux enseignants, des compétences de communication au sens de capacité à débattre. Il faut également, pour qu’il y ait concertation, que se développent des compétences de formalisation. F. Lantheaume   décrit cette « amnésie » du travail collectif, cette difficulté qu’ont les enseignants à formaliser la production de ressource du travail collectif, du fait des conditions dans lesquelles   ils   le   pratiquent. Enfin, elle évoque les compétences prudentielles nécessaires pour travailler à plusieurs, qui impliquent modestie, compréhension, prudence, respect et débat des règles éthiques nécessaires dans tous les métiers de relation à autrui.

    Quelles conséquences du travail collectif ?

    Les enseignants critiquent souvent ce qu’ils appellent « la réunionnite » parce qu’ils n’ont pas l’expérience que ces réunions puissent être une ressource pour eux.

    Mais toutes les dimensions du travail collectif ont un effet sur l’activité elle- même qui jouent sur le temps et sur les contraintes. Les enseignants estiment que le temps de ce travail collectif se fait beaucoup trop en dehors du temps de travail, avec cette porosité entre travail et vie privée qui de plus en plus caractérise les évolutions actuelles. Le travail collectif n’est-il pas une contrainte qui peut porter atteinte à l’autonomie dans le travail ? Il y a une tension entre cette attente d’autonomie et le travail collectif qui ne peut être dépassée que si le travail collectif produit plus de ressources que de contrainte.

    Or, les enseignants ont l’impression du contraire.

    En quoi le travail collectif peut-il être une ressource ?

    La première ressource du travail collectif est la solidarité professionnelle : quand ils sont en difficultés, les enseignants se tournent d’abord vers leurs collègues. Par ailleurs, quand on est dans la coopération, le travail collectif est l’occasion de confronter des façons d’agir entre personnes qui font et connaissent le même travail, et peuvent construire collectivement des règles ajustées à la situation de travail. On n’est pas là dans la recherche de bonnes pratiques qui vaudraient ici et ailleurs de façon équivalente, mais dans une construction valable pour le contexte de travail dans lequel on agit.

     


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